Seconde et dernière partie de notre bilan musical 2025. C'est au tour de Paul Briff, DreyTalquor (mais il préfère qu'on l'appelle Timbergiggs...) et Tolol de nous partager leur découvertes et moments forts (ou non ?) de l'année. Vous pourrez retrouver à nouveau notre playlist Youtube Bilan Séléection 2025 au complet à la fin de l'article.
Paul Briff

Au moment où j'écris ces lignes, au crépuscule de 2025, des albums sortent encore (Anna von Hausswolff) quand d’autres viennent s’échouer sur les rives de mes tympans après quelques mois de négligences (Maruja). Un énième rappel qu’à travers ces bilans, nous transmettons plus une couleur de l’année qui s’est imprimée qu’un classement hiérarchique.
Ainsi, le début d’année fut coloré par Tunng et leur Love You All Over Again, premier gros coup de cœur folktronica de ma vie que je dois à mon confrère Ecafils. Les harmonies de voix et les textures délicates enrobant la chaleur des guitares acoustiques m’ont conquis !
Plus monochrome, mais tout aussi riche en sensation, Bruit ≤ revient en force cette année avec The Age Of Ephemerality, superbe album où le groupe challenge à nouveau sa créativité et sa production, tant studio que scénique. Une expressivité dépassant les portes du studio, le quatuor étant une des sensations fortes live de mon année également.
Bien plus chatoyant, Adjy passa furtivement avec un single The Festival Ground. On y retrouve toute la ferveur estivale du projet, en faisant un incontournable des voyages durant cette période de l’année.
Grosse découverte durant l’automne : Racing Mount Pleasant. Leur album éponyme a accompagné à merveille mes nombreux trajets sous la pluie, les lumières vacillantes de fin d’année ainsi que leurs nuits. Bonbon doux et sensible à la production léchée.
Après 6 années d’attente, j’eus la joie immense de me replonger dans l’univers d’Hollow Knight du studio Team Cherry. Silksong est un jeu vidéo merveilleux, me régalant de son gameplay et de son lore riche. Christopher Larkin signe une nouvelle fois une OST sublime, soulignant chaque instant de notre parcours. De l’ambiance la plus intimiste aux pièces d’orchestre de chambre les plus épiques !
Enfin, l’année fut marquée personnellement par la sortie de mon projet Cycles, où j’explore la thématique des quatre saisons via différents genres musicaux. De loin la musique que j’ai le plus écouté/subi ces deux dernières années, mais dont ressort beaucoup de fierté personnelle. J’espère que l’écoute vous plaira si vous lui laissez une chance !
DreyTalquor

Difficile année qui vient de s’écouler sur le plan musical ! Après un quinté gagnant depuis 2020, il nous fallait des jours moins glorieux et c’est tombé ici ! Sans doute la faute à un contexte d’écoute personnel bien différent que par le passé, il faut l’avouer.
Si 2025 restera tout de même dans les livres d’histoires, ce sera sans aucun doute pour les comebacks qu’elle a connu. On se doit d’au moins le mentionner, mais le retour de Coroner après 32 ans d’attente est magistral. Personnellement, c’est un jeu vidéo qui m’aura marqué. 7 ans après son premier opus, la saga Hollow Knight a enfin eu sa suite avec Silksong, j’ai profité de cet événement pour enchaîner les deux. Et la bande son de Christopher Larkin est une des plus poétiques que j’ai jamais écouté, mention spéciale à la piste Choral Chambers qui hante encore mon esprit depuis que je me suis aventuré dans ce monde où les insectes sont nos héros.
Pour conclure la moitié de la décennie des 2020 (oui je sais, ça fait mal de l’écrire) je retiendrais deux albums de musique industrielle, les gros synthés ont marché sur moi. Le premier est un retour aux sources pour Author & Punisher, célébrant l'ornithologie sur un disque intense. Si vous cherchez l’écrasement, foncez sur Nocturnal Birding.
L’autre disque est ma plus grosse surprise de l’année : Igorrr est un projet expérimental grandissant très fort dont j’apprécie le travail, mais pas autant que son dernier album. Amen m’a retourné, toutes les compositions de Gauthier Serre m’ont emportées comme rarement je l’ai vécu. Félicitations à l’unique représentant du baroque beatcore pour avoir sorti le meilleur album du style !
Je conclurais sur les deux albums qui auront vraiment marqué mon année. Le premier étant une évidence, j’ai enfin plongé dans l’océan de Turnstile pour en sortir d’incroyables souvenirs cet été avec NEVER ENOUGH. Rien de plus à rajouter tant la déferlante est totale et méritée. Mais l’album qui aura remporté mon année nous vient d’Italie. Messa signe avec The Spin un disque d’une élégance sombre mélangeant doom, cold wave et dark jazz et je ne peux qu’applaudir quand de tels projets m’envoutent autant.
Je vous souhaite une meilleure 2026 que sa grande sœur !
Tolol

Mouais. Un petit mot qui résume fatalement mon avis sur ce cru 2025. Et fatalement, ce fut une année qui m’aura permis de replonger dans des disques plutôt que d’en découvrir de nouveaux. En premier lieu, Black Sabbath. Il faut dire que le décès d’Ozzy aura été un moment marquant de ces 365 derniers jours. Malgré une absence de surprise quant à ce trépas, la perte de notre Tonton Osbourne reste quelque chose de triste mais il restera avec nous ces centaines d’heures de musique pour profiter jusqu’au bout. Qu’il s’agisse de Black Sabbath ou de sa carrière solo, le “Prince des Ténèbres” aura été un grand serviteur du quatrième art.
Un été qui sera sous le signe de la Faucheuse puisqu’un mois après le décès d’Ozzy, c’est Brent Hinds qui le rejoindra après avoir “Coluché” très fort du côté d’Atlanta. De manière personnelle, c’est un départ bien plus impactant que celui d’Ozzy car inattendu. Sorte de deuxième mort puisqu’en mars 2025, Mastodon a annoncé, sans crier gare, qu’ils se séparaient de Brent Hinds. Un coup de massue tant le guitariste était essentiel à la discographie des Atlantéens. Et puis, alors qu’on espérait que tout ceci se tasse pour une réunion joyeuse et festive un jour, cet accident de moto qui envoie Hinds rejoindre son frère Brad. Un de plus qui s’ajoute à la liste des personnes cotoyées par Mastodon qui ne sont malheureusement plus de ce monde. Qu’il s’agisse de Nick John ou bien de Skye Dailor, pour ne citer qu’elles. En conséquence, mes écoutes furent jonchées de titres du quatuor Américain, principalement Crack The Skye, l’album frappé du sceau de Brent Hinds. Qu’il s’agisse de ses lignes vocales ou bien de ses doigts virtuoses, le guitariste était l’âme de ce disque, là où Brann Dailor en était le cœur. Comme un symbole, ce sont deux artistes nés à Birmingham qui s’en sont allés en 2025. Qu’ils reposent en paix là où ils sont.
Comme l’année était bien trop joyeuse, l’automne a offert un autre disque doudou : Foundations of Burden de Pallbearer. Mais ici, pas de décès à signaler, juste la sortie d’une version redux de cet album. Le quatuor de l’Arkansas souhaitait retravailler les chansons et offrir quelque chose plus proche de ce qu’ils souhaitaient. Et si cette version 2025 n’est pas spécialement à mon goût, elle m’aura offert le luxe de retourner sur l’originale. De quoi redécouvrir Watcher In The Dark ou bien Vanished, deux pistes totalement éclipsées de ma mémoire avant mes réécoutes nombreuses du disque. Il faut aussi dire que c’est avec Worlds Apart et The Ghost I Used To be que j’ai plongé dans l’univers du Doom et que ces deux pistes ont phagocyté beaucoup de choses. Mais en cette fin d’année 2025, j’ai pu prendre pleinement conscience de la grandeur du disque. La lourdeur des riffs, la beauté des harmonies vocales, les passages planants ou bien plus plombés.. tout est sublime et consolide la place de Pallbearer dans mon ADN musical.
Espérons donc avoir une année 2026 plus réjouissante sur tous les plans même si, pour ne rien vous cacher, je ne suis pas spécialement optimiste pour cela au vu du bordel mondial ambiant. Prenez soin de vous nonobstant. C’est le plus important.
Notre playlist bilan 2025 :


